• Album : Géopolitique
      <b>cartearctiqueapi.jpg</b> <br />
  • Outils

LE PONT TERRESTRE DU HEARTLAND

Posté par Vilistia le 15 janvier 2011

Committee for the Republic of Canada Comité pour la République du Canada

 

Bâtir la nouvelle « Route de la soie » pour assurer la sécurité en Asie et en Europe
9 novembre 2004

L’intervention d’Helga Zepp-LaRouche lors d’un symposium organisé par le gouvernement chinois à Pékin en mai 1996 avait été très remarquée, dans la mesure où le programme qu’elle proposait ainsi que la nature même de son approche se trouvaient en totale opposition aux thèses libérales et malthusiennes du représentant de l’Union européenne sir Leon Brittan.

L’éclatement de la crise en Asie au cours de l’été 1997 (en partie à cause des actions de spéculateurs occidentaux désireux de détruire les chances d’un développement véritable du continent asiatique) venait confirmer la supériorité de l’approche d’Helga Zepp-LaRouche et de son mari.

Nous présentons ici le texte de l’exposé présenté par madame LaRouche lors du Symposium international du 8 mai 1996, organisé par le gouvernement chinois sur le thème : « Le nouveau pont terrestre asiatique ».

Bâtir la nouvelle « Route de la soie » pour assurer
la sécurité en Asie et en Europe

par Helga Zepp-LaRouche

LE PONT TERRESTRE DU HEARTLAND dans HEARTLAND pont-terrestrenoiretblanc


Le pont terrestre eurasiatique.

Bien que l’ouverture en 1989 des frontières entre l’Est et l’Ouest ait mis irréversiblement fin à l’ordre de l’après-guerre défini par les accords de Yalta, et que le monde, depuis la fin de l’Union soviétique, ne soit plus défini par des constellations bipolaires, les vieilles idées d’« équilibre des puissances » ont toujours cours en bien des endroits. Les adeptes de cette ligne considèrent que les « intérêts » d’une nation se résument à la lutte pour le contrôle de ressources naturelles ou à des « sphères d’influence ». Il y a quelques années, le politologue américain Samuel Huntington a même lancé la thèse du « choc des civilisations ». Selon lui, des différences insurmontables entre diverses cultures du monde finiront, inévitablement, par provoquer de nouvelles vagues de conflits armés.

On ne saurait tomber dans ce piège, tendu pour des motifs géopolitiques. il n’y a aucune contradiction entre cultures de ce monde qui ne puisse être surmontée. Au contraire, la caractéristique même de l’homme, qui le différencie de tous les autres êtres vivants, réside dans sa raison créatrice. C’est cette qualité universelle qui unit tous les hommes et permet à l’individu de se hisser à des niveaux toujours plus élevés pour résoudre les conflits. En Chine, cette philosophie remonte notamment à Confucius, dont la pensée était universelle.

C’est avec la même philosophique que l’économiste américain Lyndon LaRouche a proposé un programme économique reposant sur l’idée que seule la reconstruction globale de l’économie mondiale permettra de sortir par le haut de la crise actuelle. Le développement du pont terrestre transcontinental eurasiatique et l’intégration du continent eurasiatique sont au cœur de ce programme.

Lyndon LaRouche a formulé sa première proposition lors d’une conférence de presse à Berlin en octobre 1998, et la présenta peu après au public américain dans une émission télévisée nationale. En novembre 1989, juste après la chute du mur de Berlin, il élaborait un programme de « Triangle productif », dans lequel il définissait les grandes lignes de la coopération Est-Ouest ; il s’agit d’utiliser à fond le potentiel industriel et technologique de la région située entre les villes de Paris, Berlin et Vienne, pour ouvrir des couloirs de développement dans l’ensemble de l’Eurasie.

Une première grande percée concrète dans cette direction fut l’ouverture du pont transcontinental entre la Chine et les nations de la CEI (ex Union soviétique) en 1992. Ensuite, toute une série de conférences et de publications sur le même thème, en Chine et dans d’autres pays, ont confirmé la tendance à vouloir résoudre la crise de cette manière. Quelques années plus tard, le président de la Commission européenne Jacques Delors présentait un plan de transport qui portait son nom, dont l’ampleur, toutefois, était limitée à l’Europe et qui, en raison de la « logique de Maastricht », n’a pas même commencé à être réalisé.

Toute étude économique compétente doit partir du fait que trois quarts de la population mondiale, soit 4,4 milliards d’individus, vivent en Eurasie et que, bientôt, avec un « développement » normal, sans catastrophe, cette population atteindra sept à dix milliards.

Si, dans les années à venir, nous voulons empêcher des catastrophes économiques et démographiques, il sera urgent de vaincre le sous-développement actuel dans de vastes parties de l’ex-Union soviétique, de la Chine, de l’Inde, de l’Asie du Sud et du Sud-est, en leur assurant des infrastructures de base (approvisionnement en eau, réseaux de transports modernes, production et distribution d’énergie).

On voit déjà en Europe les conséquences que peut avoir l’absence d’une telle politique de développement économique. Comme on le sait, l’Europe de l’Est et l’ancienne Union soviétique se sont engagées dans la voie de la privatisation des entreprises publiques et du libéralisme débridé. Cinq ans après, les capacités industrielles et agricoles de ces pays ont chuté, dans certains secteurs de 50%. En Russie, le niveau démographique a baissé d’un million de personnes par an au cours de la période récente. En même temps, les tensions nationales et ethniques dans les anciens États du Comecon ont terriblement augmenté, en premier lieu à cause de l’aggravation des conditions de vie.

La paix par le développement

Helga Zepp-LaRouche.
HZL dans HEARTLANDNous, nous proposons une voie totalement différente de celle-là. Les gouvernements de l’Eurasie devraient s’entendre sur un programme d’infrastructures intégrées reliant les centres industriels d’Europe et d’Asie aux concentrations de population en Asie du Sud et du Sud-est, le long de « couloirs de développement ». La mise en place de ces axes de circulation, à partir de grands projets d’équipements (transports, énergie, eau et communications), servirait de tremplin pour le développement industriel de la masse continentale eurasiatique. Elle pourrait par là même être la locomotive pour sortir de la crise économique mondiale.
Seule cette forme de coopération économique, dans l’intérêt de toutes les nations participantes, peut garantir une paix durable pour le XXI ème siècle. Il s’agit de la « paix par le développement ».

L’aspect central de ce programme est un réseau eurasiatique de trains à grande vitesse pour le transport de voyageurs et de marchandises. Les trois principales lignes indiquées sur la carte relieraient une soixantaine de grandes villes les unes aux autres. Une telle intégration de l’infrastructure provoquerait un véritable bond en avant de l’efficacité économique dans toute la région en question, où vivront un milliard de personnes. En liaison avec le réseau ferroviaire, il convient de moderniser et d’étendre les voies d’eau intérieures. La construction de nouveaux ports permettra une vaste extension du commerce maritime, qui sera nécessaire en raison de la croissance démographique prévue dans les bassins du Pacifique et de l’océan Indien au cours du siècle à venir. En même temps, il faut enfin réaliser les projets dans les principaux couloirs, sera une priorité. Pour que l’ensemble de la consommation énergétique, dans toute l’Eurasie, arrive au niveau de celle des États industriels, il faudrait produire 5 000 gigawatts, soit cinq fois les capacités actuelles.

(…) Dans le cadre d’un grand projet de ce type, toute réalisation même partielle des plans apporte non seulement un bénéfice national direct mais contribue, en même temps, à bâtir le monde du XXI ème siècle. Puisque le programme d’infrastructure esquissé ici est nécessaire pour créer les conditions du développement économique et agricole, mais n’est pas immédiatement rentable, étant plutôt orienté vers la prospérité générale, il est essentiel que le droit d’émettre du crédit revienne aux gouvernements souverains. Les banques nationales doivent être habilitées à ouvrir des lignes de crédit pour faire face aux besoins de création d’emplois productifs et à ceux des travailleurs engagés dans les grands projets. Comme ce crédit est lié à une production future, il crée en fait de la richesse, sans créer d’inflation. Il est même anti-inflationniste à deux titres : premièrement, les coûts improductifs du chômage sont éliminés, et deuxièmement, les coûts engendrés par le manque d’infrastructure disparaissent.

Cooper
selon H. A. Cooper.

Les banques nationales émettent, par le biais de banques régionales, du crédit aux entreprises travaillant sur les divers projets. On peut démontrer le fait que, dans les pays occidentaux, les recettes fiscales encaissées suite à l’utilisation du crédit de cette manière ont toujours été plus importantes que les sommes investies au départ. (…)

La réalisation de projets d’infrastructure de cette ampleur mobilisera toutes les capacités industrielles, actuelles et nouvelles, de la part des nations participantes. Rien qu’en Chine, il faudrait construire 100 000 kilomètres de nouvelles voies ferrées, un million de kilomètres de routes modernes et plusieurs centaines de kilomètres de nouvelles voies fluviales. (…)

Une réorganisation nécessaire du système financier
Le contexte historique dans lequel se déroule cette conférence de Pékin est extrêmement important. Le système financier actuellement hégémonique dans le monde entre dans sa phase finale, son écroulement est imminent. Si ce système, en faillite à cause des mauvaises politiques financières et économiques suivies depuis des décennies, n’est pas réorganisé par une procédure de mise en règlement judiciaire, et remplacé par un système nouveau, c’est l’ensemble de la planète qui est menacée. (…)

En dernière analyse, pour qu’une solution à la crise soit efficace, il faut que le président des États-Unis, en tant que dirigeant de la nation actuellement la plus influente du monde, poursuive la réorganisation su système. Il devrait avoir recours aux pouvoirs d’urgence que lui confère la présidence pour procéder à la mise en règlement judiciaire de la Réserve fédérale, sous le contrôle du Trésor. Selon la section 1 de la Constitution américaine, le président peut obtenir du Congrès le droit d’émettre, comme l’a fait le président Franklin Roosevelt, plusieurs milliers de milliards de dollars de crédit pour financer des projets d’infrastructure bien définis destinés à vaincre la dépression économique.

En même temps, le président américain doit convoquer les grandes puissances du monde pour une conférence, dans le but d’établir un nouveau système monétaire international, basé sur des parités monétaires stabilisées. C’est seulement de cette manière que seront assurés la relance et l’expansion de la production agricole et industrielle, suite à des investissements dans le progrès scientifique et technologique.

Ces problèmes ne peuvent être résolus à cette conférence, mais nous pouvons et devons considérer à quoi devrait ressembler la reconstruction économique dans les conditions les plus favorables d’un nouveau système financier. Si nous regardons l’avenir avec optimisme et commençons à partir de la supposition que la renaissance liée au développement de la nouvelle Route de la soie sera réussie, alors, au cours des 50 prochaines années, il faudra construire des milliers des nouvelles villes d’une taille de 300 000 à un million d’habitants. Nombre de ces villes seront des Nuplexes intégrant des centrales nucléaires HTR qui produiront de l’électricité et de la chaleur industrielle pour l’industrie et l’agriculture régionales.

Ces villes, entièrement nouvelles, seront planifiées et conçues comme un tout, l’ensemble de l’infrastructure pouvant être bâtie sous terre, sous des formes modulaires. La construction de cités ne sera pas uniquement orientée vers l’expansion potentielle, mais aussi vers l’expression des meilleures traditions de la diversité culturelle de l’Eurasie en matière d’architecture. Nombre de ces nouvelles villes devraient être des « villes de science », favorisant la recherche multidisciplinaire et fondamentale, ainsi que l’enseignement.

La science au bénéfice de toute l’humanité
Dans la renaissance future, l’idée selon laquelle la majeure partie des pays doit être privée de ce qu’on appelle les « technologies à double emploi » (civil et militaire), sera une relique du passé. Pour créer un futur positif pour l’espèce humaine, nous devons penser de manière au moins aussi moderne que Nicolas de Cues, le fondateur de la science naturelle au XV ème siècle. Ce grand penseur universel était convaincu que toute invention scientifique était si précieuse pour l’humanité, que toutes les nations devaient immédiatement y avoir accès, afin que personne ne fût exclu du développement. Il proposa un « pool de la science », où toute les découvertes seraient rassemblées pour le bénéfice de tous. Les nouvelles villes de la science en Eurasie devraient réaliser cet idéal.

Face à ce défi historique, nous devrons garder à l’esprit que l’expansion des marchés et l’accroissement du pouvoir d’achat est dans l’intérêt de tout le monde, car la source de la richesse générale n’est pas la possession des matières premières et le droit d’« acheter bon marché pour revendre moins cher ». La seule source de richesse, c’est la raison créatrice de l’individu, qui permet à chacun de faire de nouvelles découvertes, et donc de contribuer au progrès scientifique et technologique. La croissance qui en résulte en matière de productivité, voilà ce qui crée la richesse.

Nous devons décider comment nous voudrions que les futures générations se rappellent de nous. Souhaitons-nous qu’ils nous considèrent avec dédain, car nous ne leur aurons laissé qu’une société du « chacun pour soi », dominée par des intérêts égoïstes, et un monde de chaos ? Ou voulons-nous que nos petits-enfants et arrière-petits-enfants se souviennent de nous avec fierté et amour parce que, face à la crise existentielle de l’humanité, nous avons rassemblé tout ce que l’histoire universelle a apporté de grand et de noble pour inspirer une grande renaissance ? Alors, peut-être, nos futures générations diront de nous : oui, ils étaient comme les gens de la Renaissance italienne et de la dynastie Sung. Oui, peut-être diront-ils même que nous étions eu peu meilleurs.

_____________________________________________________________________________________________
Notes de  Gilles Gervais.

L’Institut Schiller http://www.schillerinstitute.org/ , dont je suis le représentant au Canada, avait été invité en mai, 1996, par le gouvernement chinois, à venir à Pékin pour donner une présentation lors de leur Symposium international sur le développement économique des régions le long du pont continental eurasiatique, symposium qui est reférencé dans l’article d’A. Latsa.

Le discours prononcé par notre présidente internationale, Mme Helga Zepp-LaRouche, à cette occasion s’intitulait : Bâtir la nouvelle « Route de la soie » pour assurer la sécurité en Asie et en Europe. http://www.committeerepubliccanada.ca/BatirlanouvelleRoutedelasoiepourassurerlasecuriteenAsieetenEurope.htm

Le vice-président du Conseil d’études des forces productrices russes (CEFP), Viktor Razbeguine, était l’invité d’une conférence internationale organisée par l’Institut Schiller, les 15-16 septembre, 2007, à Kiedrich en Allemagne, où il prononça un discours : Eurasia-North America Multimodal Transport. http://www.schillerinstitute.org/conf-iclc/2007/landbridge_conf_razbegin.html

En 2007, le Comité pour la République du Canada avait organisé, en collaboration avec nos asssociés de la revue Executive Intelligence Review, une conférence à Ottawa sur le thème : Infrastructures transcontinentales pour les Ameriques, le Canada dans le monde eurasiatique de demain. http://www.committeerepubliccanada.ca/ConferencedeEIRaOttawa.htm.

Nous croyons que la seule option est un Glass-Steagall http://www.centpapiers.com/la-seule-option-est-le-glass-steagall/13818 global et que dans un deuxième temps, il serait possible d’établir un système de crédit international libéré de l’emprise de « la city » financière de Londres et de Wall Street, et que les différentes composantes du pont terrestre mondial pourraient finalement garantir une paix durable à travers un ordre de développement mutuel Est-Ouest et Nord-Sud.

Gilles Gervais.

______________________________________________________________________

NOTES :

Voir définition HEARTLAND

VOIR  ROUTES DE LA SOIE

Voir du prométhéisme au Heartland

 

 VI-Implementing NAWAPA To Unleash
Big Infrastructure Projects Worlwide

 

-Afrique : l’heure des grands projets est venue

-The Extended NAWAPA Project: The Possibilities of Africa


-Taming the Darien Gap


-A Eurasian Case-Study: Aral Sea


-Bering Strait Tunnel: Ria Novosti interview

____________________________________________________________________________________
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans HEARTLAND | Commentaires fermés

Du prométhéisme au Heartland

Posté par Vilistia le 11 janvier 2011

Du prométhéisme au Heartland

Alexandre Latsa, 33 ans, est un blogueur français qui vit en Russie. Diplômé en langue slave, il anime le blog DISSONANCE, destiné à donner un « autre regard sur la Russie »

___________________________________________

L’histoire du mouvement prométhéen remonte au début du siècle, lorsque des responsables de « républiques Russes », notamment musulmanes se concertent afin de discuter leur « indépendance ».

Au début du siècle, lors de ces premiers congrès, deux lignes s’opposent, les partisans d’un nationalisme territorial et les partisans d’une union panturque (le rôle d’intellectuel Turc appelant à la réunification panturque étant relativement importante au sein de ce mouvement). 

Rapidement, ces questions d’indépendance gagneront les républiques non musulmanes de Russie, notamment dans le Caucase.

 

Au sein de cette ligne, l’Ukraine jouera un rôle fondamental, en effet les idées prométhéennes se développent rapidement dans l’entourage du président Petlioura et l’Ukraine enverra même une mission en Géorgie négocier avec le Khanat de Kokand (Turkestan Russe, aujourd’hui Ouzbékistan et dirigé à l’époque par Mustafa Tchokay). Le but de ces « indépendantistes » étaient de s’attirer les grâces des démocraties Occidentales et à ce titre un « appel » fut lancé dans au congrès de Versailles, supposé promouvoir l’émergence des nations.

 Les Bolcheviques ne laissant guère de place à de quelconques volontés indépendantistes, en 1922, les principaux responsables politiques indépendantistes (Ukrainiens, Georgiens, Bashkirs, Tatars, Azéris …) s’exilent dans deux directions différentes :

- Une première vague vers Istanbul, mais en lien avec les pays d’Europe de l’ouest. Cette relocalisation forcée contribuera à développer la « conscience Turque » au sein du mouvement Prométhéen mais le discréditera en le diluant dans un rêve expansionniste panturque, nationaliste et impérialiste et jugé peu crédible par les Européens (sur les décombres de l’empire Ottoman) ni par les Bolcheviques.

- Une seconde vague émigre en Europe (ce sera le cas de Tchokay) notamment en France et en Allemagne. Des réseaux se créeront entre Georgiens, Ukrainiens, Russes blancs exilés et de nombreux Azéris. La France est déjà qualifié à cette époque par le Bachkir Zeki Velidov de « centre de combat Turco-musulman » (!) contre la Russie.

En 1924, à Berlin, une rencontre à lieu entre Velidov et un officiel Polonais (Stempovsky) qui lui explique l’idée de la Pologne de lancer un mouvement des « indigènes » de Russie et d’aider ces peuples à obtenir leur indépendance.

Les liens entre ces deux personnages datent de la guerre Russo-Polonaise de 1921 durant laquelle la Pologne a engagé de nombreux soldats musulmans des républiques de Russie afin de lutter contre l’armée rouge.

En 1926, Petlioura est assassiné et c’est Pilsudksi qui prend le pouvoir en Pologne et se fera le chantre de la protection des « peuples » contre l’URSS. La même année, Veki Selidov repart en Turquie apporter son soutien au mouvement prométhéen à Istanbul.

La revue Prométhée se développera dès lors dans de nombreux pays (France, Allemagne, Angleterre, Tchécoslovaquie, Pologne, Turquie, Roumanie..) mais la montée du nazisme en Allemagne rend l’anti-communisme (pierre angulaire du prométhéisme) caduque et cet argument n’est désormais plus repris que par l’extrême droite Européenne.

Jusqu’à 1938, le mouvement prométhéen est dirigé par le Georgien Gvazawa et les colonnes de la revues publient des articles de partisans d’Hitler ou de Doriot en France … Le mouvement semble totalement au mains des fascistes Européens jusqu’en 1938 ou l’Ukrainien Alexandre Choulguine prend les commandes du mouvement, et de la revue.

Après le pacte Germano-Soviétique le mouvement se déclare ’anti nazi et anti soviétique’ et les prométhéens se rangeront du côté de l’Angleterre et de la Pologne, contre l’Allemagne et l’URSS.

Dès lors le mouvement bénéficiera de soutiens forts en Pologne (soutien financier) et en France (comité France-orient) sous le parrainage du président du sénat Paul Doumer. Le principal projet sera la création de cette fédération du Caucase (sur le modèle helvétique) mais qui n’aboutira pas, la SDN reconnaissant finalement les frontières de l’URSS, et surtout les tenants de ce prométhéisme se révélant incapables d’unité contre un double front (blanc et rouge) ni même de solidarité.

En 1939, la perte de la Pologne fut un choc pour le mouvement qui fut rapidement happé par l’Allemagne et le gouvernement de Hitler qui dans une logique « post pacte Molotov-Ribbentrop », les stratèges nazis envisageant très bien un éventuel morcellement de l’URSS en petites entités, plus faciles à contrôler, dominer, ou à vaincre militairement.

Les Allemands créeront notamment une légion Turkestan constituée de Tatars et Turkestanais mais celle-ci échouera, tout comme l’offensive Allemande à l’est.

A la fin de la guerre, l’URSS est plus forte que jamais et les Prométhéens se tournent vers l’Amérique avec la création d’une « ligue prométhéenne de la charte de l’Atlantique ».

Le mouvement deviendra un élément au main de la CIA et de lutte contre l’URSS en pleine guerre froide via la création d’organisations tel que  » l’institute for the study of URSS » ou  » l’american comitee for liberation of bolchevism » (lire à ce sujet la manipulation des mouvements nationalistes Ukrainiens par la CIA à cette époque).

La grande confusion idéologique qui ressort de cette période amènera au développement d’une ligne « prométhéenne » qui se définira par défaut comme « antirusse.

Cette analyse d’un mouvement peu connu du grand public doit nous amener à quelques réflexions essentielles pour une bonne compréhension des évènements géopolitiques récents.

___________________________________________

Réflexions sur les morcellements territoriaux

Tout d’abord le projet fondé sur le nationalisme ethnico-régional est un projet « contre » la stabilité de la fédération, c’est le projet de son démembrement et de son éclatement en entités de petites tailles, facilement contrôlables et dominables.

Cette tactique que les Polonais et les Allemands souhaitaient appliquer contre la Russie (ou plutôt l’URSS à l’époque) et est très curieusement la « même » tactique qui a été appliqué par l’Amérique et Bruxelles pour l’intégration dans l’Union Européenne et l’OTAN :

- éclatement de la Tchécoslovaquie, éclatement de la Yougoslavie, demain éclatement probable de l’Ukraine ?

Encore plus curieux pour un novice c’est également le but avoué de certains stratèges militaires anglo-saxons :

- l’éclatement de la Russie en 3 entités (russo-européenne, centro-sibérienne et extrême orientale), tel qu’expliqué dans le livre le grand échiquier de Zbigniew Brezinski, car la Russie serait :

« le seul pays à ne pas avoir été occupé ni soumis à la rééducation politique des vainqueurs« .

___________________________________________

En parallèle à cette évolution souhaitée mais inachevée contre la Russie, regardons l’évolution en Europe :

- La première guerre mondiale à achevé l’ère des empires et affirmé l’ère des nations en Europe, notamment via la Société des nations (ancêtre de l’ONU) alors sous patronage Américain, et bien que l’Amérique n’en fit « jamais » partie.

- Le second conflit mondial entérine le processus de perte d’autonomie de ces mêmes nations et ouvre la voie à une hyper-intégration supranationale (du traité de Paris au traité de Lisbonne) tout en favorisant à l’émergence des régions (niveau infranational).

Il serait peut être bon de se demander si le processus de morcellement et de perte d’autonomie de chaque sous entité au sein du territoire Européen est bien comme l’on nous le répète une étape inévitable de l’intégration euro-européenne « ou bien » si au contraire il s’agit d’un processus voulu, souhaité et mis en œuvre afin d’éviter que l’Europe ne devienne une zone du monde autonome, souveraine et capable de volonté politique ainsi que d’indépendance économique et militaire.

L’idée en vogue (notamment chez les centristes radicaux et les écologistes européens) de renforcement des prérogatives des régions est hautement suspect précisément dans le cas européen ou l’entité comprenant ces régions n’est elle même dotée d’aucune souveraineté réelle. Doit-on rappeler que ceux-ci sont les soutiens inconditionnels de l’Amérique et de l’OTAN et les piliers de la Russophobie qui frappe la planète politique et médiatique Française et Européenne ?

____________________________________________

La politique Américaine et la division de l’Europe

Ensuite, l’histoire nous apprend que les voisins proches de la Russie ont souvent été en conflit avec elles et visiblement les complots ne sont pas que d’un côté, pour preuve l’alliance à l’échelle turco-européenne pour « découper la Russie« , projet repris par les Allemands lors du second conflit mondial, puis pendant la guerre froide et depuis par les Etats-Unis.

Cet évènement n’est pas anodin et est à mettre en lien avec trois choses :

- Le rôle éminent des Américains dans la déstabilisation politique et militaire de l’Europe (révolutions de couleurs) et de la « Russie » (co-participations à des opérations militaires en Tchétchénie et en Géorgie ..)

- L’analyse Américaine d’une Europe de nouveau divisée entre une « vieille Europe » et une « Nouvelle Europe » n’est en effet pas satisfaisante ni facteur d’apaisement et contribue à asseoir dans l’opinion l’idée que l’Europe n’est pas unie.

En réalité cette nouvelle Europe est un ensemble regroupant les nations les plus hostiles à la Russie, de la Pologne aux états Baltes, et la nouvelle vague d’entrant dans la communauté transatlantique et au sein de l’OTAN- Bien plus qu’au sein de l’Europe.

- Le but Américain inavoué est d’utiliser ce territoire de la nouvelle Europe (plus proche de la frontière Russe) pour y installer des bases militaires et des rampes de missile, comme il l’ont fait en Serbie (Bondsteel) et projetaient de le faire en Pologne..

Cet objectif fait partie d’un plan plus large dans lequel le contrôle des frontières Russes est essentiel pour maitriser les futurs zones énergétiques mondiales, des frontières Européennes (bondsteel en Serbie, contrôle des mer noire et baltique) au Caucase (Géorgie, bataille des projets de gazoducs ..) et Asie centrale (contrôle du Kirgystan et de l’Afghanistan et donc de la route de la soie).

______________________________________________

La prise de contrôle de territoires passe par la prise de contrôle des peuples

L’histoire du mouvement prométhéen est également instructive en ce sens qu’elle témoigne parfaitement de l’objectif ultime que les Américains se sont fixés, à savoir affaiblir la Russie et utiliser les réseaux et les systèmes de lobbies pour affaiblir leur adversaire.

Après l’effondrement de la puissance navale anglaise le 20ième siècle voit la montée en force de la puissance Américaine qui s’immisce désormais dans les affaires continentales alors que c’était l’inverse avant.

A la fin de la guerre civile Européenne donc, l’Europe est divisée en deux et les Américains ont parfaitement saisi l’importance capitale de rester dans la course pour maîtriser le monde et de vaincre leur ennemi unique : l’union soviétique.

Pour cela il faut avant tout contrôler l’espace géographique essentiel que représente le Heartland et que les stratèges anglo-saxons (issus d’école de pensée d’états non continentaux rappelons le) ont théorisés comme étant la clef pour ne pas être isolés des affaires du monde.

La confrontation militaire n’étant que peu réalisable, et les Européens pouvant être insoumis (l’exemple de De Gaulle étant le plus parlant), les américains ont parfaitement compris le rôle de la prise de pouvoir politique par tous les moyens et notamment le reformatage des esprits.

Nous ne rentrerons pas dans les détails « mais » indiquerons que cette conspiration Prométhéene a été aspirée et utilisée par la CIA à la fin de la guerre via des ONGs destinées à lutter contre l’URSS …

Pour la première fois dans notre histoire commune, Polonais, Ukrainiens, Géorgiens, Azéris vont servir les intérêts Américains et être utilisés comme fusible dans le plan géopolitique de maitrise de l’Eurasie.

L’échec « provisoire ? » du mouvement prométhéen en tous les cas n’a absolument pas signifié l’arrêt de l’agression Américaine contre l’Europe et le vieux continent.

_______________________________________________________________

Sources :

wikipédia

Le prométhéisme par Etienne Copeaux

Ria Novosti

Bahkat.ru

Persée.fr

Archives du NKVD

G.Nivat : »Russie Europe, la fin du schisme »

_____________________________________________________________________


Publié dans HEARTLAND | Commentaires fermés

 

La Voie des Peuples |
nouveaucentreindre |
Afrika Mission Indigo |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | afriqueecologielesverts
| Junior UN Intelligencia Team
| soussmedia