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La russe

 La femme russe qui dérange les occidentaux

 En général, les femmes russes n’ont pas leur langue  dans leur poche et je vous assure, elles ne sont pas faciles à manier…… Au cas, où l’idée vous prendrait  de trouver l’âme soeur dans une agence matrimoniale…..Je vous propose un spécimen en la matière :  Natalia Narotchnitskaia.

L’institut pour la démocratie et la coopération a publié  une interview de Natalia Narotchnitskaia très remuant et agaçant pour les occidentaux. en octobre 2009.

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Quelques extraits de l’interview de  Madame Narotchniskaia.

Mme Narotchnitskaïa entretient également des liens étroits avec certains milieux nationalistes et conservateurs européens qui s’insurgent contre le « diktat des États-Unis et de l’Otan » et contre la mondialisation. Pour elle, une Russie forte représente le principal rempart contre un monde unipolaire dominé par l’Amérique.

Depuis 2008, elle préside le bureau parisien de l »Institut de la démocratie et de la coopération dont l’objectif à peine voilé consiste à relativiser les acquis de la démocratie occidentale.

Dans les années 1920, l’Occident ne s’est pas spécialement opposé au régime bolchevik, jugé faible et guère dangereux. Mais quand, en 1945, l’URSS est devenue un géant géopolitique auréolé de sa victoire contre l’Allemagne nazie, la guerre froide a été déclenchée. N’est-ce pas curieux ?

Et qu’on ne me dise pas que cette guerre froide était due exclusivement à la crainte et à la répulsion qu’inspirait Staline ! Après la mort de ce dernier, Khrouchtchev en a fini avec les répressions de masse. Des centaines de milliers de personnes ont été réhabilitées. Mais la guerre froide a continué. Alors, pourquoi l’attitude occidentale à l’égard de l’URSS n’a-t-elle pas évolué ?

Bien sûr, c’était un régime rigide ; mais à partir de 1956, il avait complètement abandonné la logique d’extermination qui avait été la sienne pendant le premier quart de siècle après la révolution.

Et vous devez admettre que, sous Brejnev, l’URSS s’est comportée comme un partenaire normal sur la scène internationale, un partenaire qui respectait les conventions et les traités internationaux. Alors, pourquoi l’Occident a-t-il tellement tenu à prolonger la guerre froide, pourquoi a-t-il toujours rêvé de démembrer ce géant, si ce n’est pour des raisons géopolitiques ?

Lors de l’effondrement de l’URSS et pendant les dix années qui ont suivi, l’équipe au pouvoir a délaissé les vrais intérêts stratégiques du pays. Le régime du président Eltsine s’appuyait non pas sur les éléments « sains » de la nation, mais sur des libéraux qui, à l’instar des premiers bolcheviks, étaient prêts à sacrifier des territoires et, plus globalement, les intérêts nationaux au nom de l’affirmation de leurs idéaux.

Nos libéraux ont agi comme si l’État russe d’avant la révolution n’avait jamais existé, comme si l’URSS n’avait jamais existé. Leurs slogans étaient d’une simplicité enfantine : ils souhaitaient « passer du totalitarisme à la démocratie ».

Ils fantasmaient sur le marché et sur Coca-Cola.

L’union soviétique n’est pas devenue une grande puissance à cause des répressions, mais grâce à sa victoire sur le nazisme. Et, pour vaincre, Staline, en homme rusé, a ressuscité l’idée de la Patrie, même si c’était la patrie socialiste. Nos parents et grands-parents se sont battus non pas pour l’État, mais pour la patrie !

Je me souviens très bien d’un discours que j’ai prononcé à l’Académie de l’état-major soviétique, trois jours après l’annonce des accords signés dans la forêt de Bélovej par les présidents russe, ukrainien et biélorusse (Boris Eltsine, Léonid Kravtchouk et Stanislav Chouchkevitch) – accords qui ont entériné la fin de l’URSS.

J’étais à l’époque une assez jeune chercheuse à l’Institut des relations internationales de Moscou, et je vous assure que, devant un tel auditoire, j’avais les genoux qui tremblaient !

Voici ce que j’ai dit, en substance, à cette assistance composée uniquement de généraux et de colonels : « Ce n’est pas l’URSS qui vient d’être écartelée, mais l’État russe.

En échange de la sortie du totalitarisme, on nous propose de renoncer à trois cents ans de l’histoire russe. Que feront les armées devenues nationales, alors qu’elles ont prêté serment à l’URSS ? En réalité, aucun des États nouvellement formés ne résulte d’un développement historique naturel conjuguant trois éléments : une nation, un territoire, un État. Je n’ai rien contre le fait de renoncer au marxisme ; mais qu’advient-il de notre patrie? »

J’aimerais vous rappeler certaines thèses du discours que Vladimir Poutine a prononcé à Munich, en 2007. En substance, il a envoyé le message suivant aux pays occidentaux : « Cessez de dissimuler sous une feuille de vigne vos éternelles visées géopolitiques. Ne prétendez plus que votre action est guidée par des valeurs morales prétendument universelles ! »

Voyez l’activité de milliers d’ONG en Ukraine et en Géorgie qui, même si elles s’occupent, pour la plupart, de choses innocentes, n’en orientent pas moins la jeunesse et l’intelligentsia vers les valeurs occidentales. Leur propagande présente la Russie comme un pays arriéré, si bien que les Ukrainiens et les Géorgiens sont très surpris, quand ils ont l’occasion d’aller à Moscou, en découvrant qu’il s’agit d’une métropole ultramoderne.

Il est indéniable que nous ne travaillons pas assez pour contrecarrer la propagande occidentale. Nous n’avons pas de véritable politique à l’égard de l’« étranger proche » alors même que ces pays sont nos voisins et nos frères.

J’ai étudié des documents de la CIA datant de la première moitié des années 1950, qui évaluaient les appuis potentiels en cas de guerre américano-soviétique. Ces documents mentionnaient, parmi les alliés possibles, l’Ukraine occidentale (mais pas le reste de l’Ukraine) et la Géorgie. Ces deux contrées étaient dépeintes comme des territoires où le sentiment antirusse était profondément ancré. Je dis bien antirusse, et non seulement antisoviétique.

Contrairement à l’idée romantique que se faisaient beaucoup de Russes à propos de la Géorgie – qu’ils voulaient voir comme une alliée orthodoxe fidèle -, une partie de l’élite géorgienne était prête, dès l’époque tsariste, à prendre les armes contre les Russes, même s’il fallait, pour cela, s’allier avec les Perses.

Moi, je ne comprends pas pourquoi l’Occident n’a rien trouvé à redire aux crimes que le régime de Djokhar Doudaev (le premier « président » indépendantiste de la Tchétchénie) avait perpétrés bien avant le début de la première guerre tchétchène en 1994.

Ce régime a commis d’innombrables violations des principes du droit international. Savez-vous que presque 200 000 habitants russes de Tchétchénie ont été chassés de cette république, lors d’un véritable nettoyage ethnique ? Savez-vous combien de jeunes filles et de femmes russes ont été violées par des Tchétchènes ? Or ce coup d’État organisé par un petit colonel, Djokhar Doudaev, dans les meilleures traditions de l’Amérique latine, a été présenté en Occident comme le « couronnement d’une lutte pour la libération nationale ». Mais quand Moscou a enfin réagi, nous avons été agonis d’injures !

Imaginez que, au moment de l’attaque de l’Ossétie du Sud par Saakachvili, la Russie ait trahi les Ossètes et ses propres forces de maintien de la paix stationnées sur place. Le lendemain, nous aurions eu, dans tout le Caucase du Nord,  dix nouvelles prises d’otages semblables à celle de Beslan !

Si seulement vous saviez ce que j’ai enduré de la part de l’establishment à l’époque eltsinienne !

Plus généralement, pourquoi l’Occident s’intéresse-t-il, depuis deux cents, voire trois cents ans, au Caucase ? Selon plusieurs analystes, le pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan – une installation chère aux Américains, qui traverse le Caucase d’est en ouest en contournant la Russie – n’aura aucun impact sur les cours du pétrole dans les vingt-cinq ans à venir.

Et, pourtant, cet oléoduc a été construit au prix d’investissements gigantesques.  L’explication est évidente : le « BTC », comme on l’appelle, existe avant tout pour des raisons géopolitiques. Il s’agit, toujours et encore, du partage du monde en sphères d’influence.

Le moment est venu de mettre fin à la période d’instabilité mondiale qui a résulté de l’éclatement de l’URSS. Nous voulons contribuer à instaurer une période plus calme, propice à la mise en place d’un nouvel équilibre international. Ne serait-ce que parce que, sans stabilité, la démocratie sur le continent européen ne pourra pas être préservée.

Lorsque des officiels bulgares pleurent d’émotion en hissant le drapeau de l’Otan, je pense avec tristesse à la mort de nos soldats qui les ont libérés de la domination turque…

Je crois que la Russie possède quelque chose que les Américains n’auront jamais : la capacité de respecter l’autre, sa différence. En réalité, la Russie représente un « modèle réduit » du monde, bien plus que les États-Unis.

La Russie vit en même temps au XIXe, au XXe et au XXIe siècle. Elle combine l’opulence et la misère ; la technologie de pointe y côtoie les conditions de vie les plus primitives ; on trouve, sur son territoire, tous les climats possibles ; de nombreuses religions et civilisations y cohabitent. La coexistence relativement harmonieuse de toute cette diversité confère à la Russie une expérience unique.

En tout cas, nous n’avons jamais eu de guerres de religions comparables à celles qui ont sévi en Europe. Nous sommes à l’opposé de l’aspiration qui viserait à uniformiser le monde sur la base des valeurs libérales (une aspiration qui n’est pas si éloignée, dans l’esprit, de la vision trotskiste).

Dans un tel monde, il n’y aurait de place ni pour l’orthodoxie slave ni même pour la grande culture européenne. Bref, je crois que le modèle américain a montré sa stérilité et ses limites :

On ne peut  pas bombarder un pays parce qu’il n’est pas organisé « comme il faut » !

Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que cette faiblesse américaine donne une chance au modèle russe. À nous d’en profiter !

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